Interview d’Éloïse, co-fondatrice d’Hello Architecture et urbanisme

5 Nov. 2024

Parce qu’il est essentiel de connaître celles à qui vous confiez le projet de votre vie, nous vous proposons d’en savoir plus sur la co-fondatrice d’Hello Architecture. Eloïse vous dit tout sur son parcours, son quotidien et se livre en toute transparence et honnêteté. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous orienter vers l’architecture et l’urbanisme ?

À 17 ans, je me suis retrouvée face à la fameuse question : quel métier choisir ? À l’époque, j’ai pris cette décision très au sérieux. Mes premières aspirations se tournaient vers la joaillerie ou l’illustration. Bien que j’aie toujours eu le désir de suivre une voie artistique, je ne savais pas exactement comment m’orienter. Mes parents m’ont beaucoup soutenue dans cette démarche, et nous avons visité de nombreuses écoles d’art à Lille, Paris et Bruxelles. C’est en découvrant le métier d’architecte que mon choix s’est rapidement affirmé. En choisissant ce métier, j’avais l’impression de pratiquer une activité artistique tout en contribuant à la société. Les lieux de vie font partie intégrante de notre quotidien, et tout le monde a besoin d’un toit au-dessus de sa tête. Opter pour ces études me donnait le sentiment d’être plus utile que dans une profession purement artistique !

Quant à mon intérêt pour l’urbanisme, il est apparu en dernière année d’études. Un de mes professeurs, passionné et passionnant, nous a appris à regarder la ville autrement et à analyser toutes les données nécessaires pour comprendre et faire évoluer les espaces urbains. La sociologie, l’histoire, les statistiques et la géologie sont autant de disciplines qui s’entrecroisent pour façonner les territoires. La diversité des domaines abordés rend cette approche particulièrement fascinante ! 

Que retenez-vous de vos années d’études ?

J’ai rencontré des personnes passionnantes et passionnées, avec qui je partageais de nombreux points communs. Pour la première fois, je ne me sentais plus en décalage, mais véritablement à ma place. Nous partagions une passion commune pour l’art, les voyages et même le goût de la fête ! J’ai travaillé dur, souvent tard la nuit et les week-ends, mais j’ai adoré ça !

Après votre diplôme, pourquoi avez-vous choisi de vous spécialiser dans l’urbanisme ?

Mon projet de fin d’études portait sur un sujet d’urbanisme. Nous avions passé un mois à Sarajevo et le thème de mon mémoire était : Comment le passé douloureux de Sarajevo résonne-t-il avec le présent ? En parallèle, j’avais proposé en atelier d’architecture de créer un parc sur les anciennes lignes de front. J’ai passé de nombreuses soirées à travailler sur ma maquette ! La ligne de front se situe sur les hauteurs de Sarajevo, je vous laisse imaginer les courbes en carton gris… un vrai casse-tête ! Ce premier projet m’a véritablement passionnée. J’étais jeune et idéaliste, mais je sentais déjà que l’urbanisme et l’architecture pouvaient contribuer à la mémoire collective et favoriser le bien-vivre ensemble.

À l’agence, nos missions d’urbanisme dans les cités minières suivent exactement cette philosophie. Il s’agit de prendre en compte la mémoire des lieux et de leurs habitants, tout en offrant un nouveau cadre de vie dont les générations futures pourront être fières.

Pouvez-vous nous parler de l’un des projets les plus marquants auxquels vous avez participé durant votre carrière ?

Les projets les plus marquants sont souvent les premiers. Il y a eu mon premier projet en agence chez Sylvain Guittet : un spa. Puis chez Maes : l’implantation d’un stade de football à Boulogne-sur-Mer. Ensuite, il y a eu mon premier concours en binôme avec Claire, pour un projet mixte de logements et de bureaux à l’entrée de Valenciennes. Enfin, le premier projet de Hello Architecture et Urbanisme : une extension pour une maison de vacances à Hardelot.

À ces moments-là, on m’a accordé une confiance précieuse pour mener à bien des projets, alors même que je ne me sentais pas toujours à la hauteur (le fameux syndrome de l’imposteur). Pour honorer cette confiance, j’ai travaillé d’arrache-pied, et je reste toujours aussi fier des résultats obtenus !

 Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre propre agence en 2017 ?

J’ai toujours su que je créerais un jour mon agence. J’ai grandi avec des parents indépendants et un grand-père entrepreneur, qui me répétait sans cesse : « Dans la vie, il faut être indépendant ! » En 2016, j’ai traversé une épreuve difficile avec la perte d’un bébé à quatre mois de grossesse. Cet événement m’a profondément marqué et j’ai ressenti le besoin de lui donner un sens. Je me suis dit : « C’est le moment, je vais monter mon agence. » Je voulais monter une agence en adéquation avec mes valeurs. Je voulais revenir aux essentiels.

Quels types de projets privilégiez-vous aujourd’hui avec Hello Architecture et Urbanisme ?

Plus que le type de projet, nous privilégions l’humain. Nous cherchons à travailler sur des projets qui ont du sens sur le plan humain. Nous recherchons des échanges et des relations respectueuses avec nos clients et nos partenaires. L’objectif est de contribuer à des initiatives qui améliorent le cadre de vie tout en restant en phase avec nos valeurs.

Comment votre expérience pluridisciplinaire influence-t-elle votre approche des projets ?

Notre approche vise toujours à proposer des projets cohérents dans leur globalité. Cette vision élargie nous amène parfois à sortir du cadre strict de l’architecture, car il est impossible de concevoir un projet sans tenir compte de ce qui se passe autour, chez les « voisins ». Chaque contexte, qu’il soit urbain, social ou environnemental, influence notre démarche et enrichit notre conception, afin de créer des solutions intégrées et harmonieuses.

Où puisez-vous votre inspiration ? Quelles sont vos références architecturales ? Le courant qui vous correspond le plus ?

Mes inspirations viennent de partout ! Que ce soit le soir dans mon canapé en parcourant Instagram, en lisant le journal à midi, lors d’une soirée chez des amis, en forêt le week-end ou encore pendant les vacances… Je m’inspire de nombreux petits détails, mais surtout de l’évolution de notre société. Des événements comme la pandémie de Covid-19 sont particulièrement fascinants d’un point de vue architectural, car ils ont bouleversé nos intérieurs et l’organisation des espaces de travail. Mais ce changement est loin d’être terminé ! J’observe ces transformations avec passion et cherche à anticiper les nouveaux besoins.

En quoi, la métropole lilloise vous inspire-t-elle ?

Je n’ai pas vraiment l’impression qu’elle m’inspire directement. Peut-être parce que nous nous connaissons trop bien ? C’est mon territoire, je le connais par cœur, mais j’aime le bousculer en y apportant des petites touches de nouveauté, des idées glanées ici et là. Cela me permet de jouer avec son identité tout en y introduisant des variations subtiles.

Comment voyez-vous votre métier évoluer dans les années à venir, notamment avec les enjeux environnementaux actuels ?

Les enjeux environnementaux actuels ne vont pas fondamentalement changer notre métier. Les architectes ont toujours dû composer avec de nouvelles normes et contraintes au fil du temps. Intégrer des exigences techniques fait partie de notre pratique depuis longtemps et nous faisons appel à des experts quand cela est nécessaire. Notre rôle principal reste de créer des lieux de vie. Si les murs doivent désormais mesurer 60 cm d’épaisseur pour répondre aux nouvelles normes, cela ne changera pas l’essence de notre métier, qui est de concevoir des espaces adaptés et harmonieux.

Quels sont vos rapports avec vos clients ?

J’ai un immense respect pour chacun de mes clients. Mon objectif principal est qu’ils se sentent bien chez eux. Entre la première rencontre pour une mission d’esquisse et la livraison d’un chantier, il s’écoule généralement un an. Je les préviens toujours que ce processus implique de rentrer dans leur intimité, car comprendre leur mode de vie est essentiel pour concevoir un projet qui leur ressemble. J’essaie donc d’instaurer dès le début une relation de confiance, car pour moi, c’est la clé de la réussite d’un projet.

Qu’est-ce qui vous fait lever tous les matins ?

Mon mari ! Je suis une grande dormeuse et si je pouvais, je resterais volontiers au lit. Mais au-delà de ça, ce qui me motive vraiment, ce sont mes collègues. Chaque matin, je suis ravie de retrouver Claire et nos collaboratrices à l’agence.

Ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est dessiner et concevoir. Malheureusement, ces moments deviennent de plus en plus rares. Je fais donc en sorte de les préserver dans mon emploi du temps, afin de rester à l’origine de la conception de tous les projets dont je suis responsable à l’agence. Après 15 ans d’expérience, j’aime toujours autant mon métier, car il me donne constamment l’occasion d’apprendre. Chaque projet est unique, ce qui nous pousse à nous réinventer en permanence. Cette capacité à se renouveler et à relever de nouveaux défis rend le métier passionnant et stimulant !

Vous êtes associée à Claire, comment vous vous répartissez le travail et comment la décririez-vous en 3 mots ?

J’ai une confiance absolue en Claire. Elle est fidèle, drôle et douée. De 2017 à 2020, j’ai mené ma barque seule, Claire m’a rejoint en 2020. Nous prenons en charge les projets en fonction de la disponibilité de chacune. Si personnellement nous sommes trop proches des clients, nous nous confions les dossiers l’une à l’autre. C’est Claire qui suit le projet de rénovation de ma grand-mère par exemple ! Nous ne sommes jamais seules sur un projet, nous sommes toujours l’une et l’autre en binôme avec une de nos salariées. 

Et vous, comment vous décrivez-vous en 3 mots ? En dehors de l’agence, quelles sont vos passions ? Que faites-vous de votre temps libre ?

Je me décrirais comme fidèle, créative et sociable. J’aime créer, cela me stimule et me détend. J’ai toujours plein de projets en tête, même si je manque parfois de temps pour les réaliser. Mon prochain défi sera de faire de la mosaïque sur mon balcon. Pour l’instant, je m’exerce sur un dessous de plat !

Je suis également très investie dans une belle association lilloise : l‘ABEJ Solidarité. L’ABEJ lutte quotidiennement pour aider les personnes sans abri de la métropole lilloise à sortir de l’exclusion. Cette année, l’association va célébrer ses 40 ans et nous préparons une grande fête pour l’occasion.

Enfin, en tant que maman d’une famille nombreuse, ma vie est bien remplie par le quotidien avec les enfants !

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