Interview de Marie Grember, Architecte chez Hello Architecture et Urbanisme

7 Jan. 2025

Après avoir interviewé Claire et Eloïse, les fondatrices de l’agence, nous vous proposons un coup de projecteur sur les salariés d’Hello. Marie Grember est la première d’entre elles à répondre à nos questions. Diplômée de l’école d’architecture de Lille, Marie a fait son parcours professionnel exclusivement au sein du cabinet. Découvrez son évolution professionnelle depuis ses premiers pas en tant que stagiaire à ses compétences inégalables sur les chantiers. 

Parle-nous de ton parcours avant Hello, l’architecture est-ce une vocation ?

L’architecture n’était pas une vocation pour moi, mais j’ai toujours souhaité faire un métier lié à la création. Enfant, je suivais des cours de dessin et d’arts plastiques, on faisait beaucoup d’activités manuelles à la maison. Après mon baccalauréat, j’ai effectué une année de mise à niveau en arts appliqués (MANAA) qui m’a permis de découvrir différents domaines, cela m’a amené au design d’espace, puis à l’architecture. Je ne savais pas exactement où j’allais au départ mais j’ai suivi mon instinct et mon parcours s’est construit progressivement. Aujourd’hui, être architecte me paraît une évidence, j’ai entièrement trouvé ma place. 

Peux-tu nous raconter ce qui t’a motivée à postuler chez Hello en 2020, juste après le confinement ?

Je cherchais un stage de fin d’études avant d’entamer mon diplôme d’architecte. C’était une ambiance très particulière à l’époque, la plupart des agences travaillaient encore en télétravail. En plus d’être attirée par les projets de l’agence, j’ai été sensible à l’aspect familial et bienveillant qui se dégageait dès mon premier échange avec Eloïse. 

Comment s’est passée ton intégration à l’agence dans un contexte aussi particulier ?

Ma candidature tombait en même temps que le congé maternité d’Eloïse, je suis donc arrivée en support. Claire et Eloïse commençaient à réintégrer leurs bureaux. J’ai eu 15 jours intenses d’apprentissage auprès d’Eloïse avant qu’elle ne parte en congé maternité, puis j’ai passé tout l’été avec Claire.

Mon intégration s’est faite assez naturellement, même si on portait le masque avec les clients et sur les chantiers. C’était l’été du répit avant les confinements de l’automne.

Après ton stage, qu’est-ce qui t’a donné envie d’intégrer l’agence en CDD puis en CDI ?

J’ai poursuivi mon stage à mi-temps de septembre à novembre pendant que je préparais mon diplôme. Une fois diplômée, Claire et Eloïse m’ont proposé de rejoindre l’équipe et j’ai tout de suite dit oui ! C’était une chance pour moi de poursuivre à la fois mon apprentissage et également le travail que j’avais entamé. C’était la suite logique. Claire et Eloïse m’ont fait confiance, c’était réciproque et c’est ce qui m’a amené à rester.

Comment décrirais-tu ta transition du statut de stagiaire à celui de salariée en CDI ?

Pendant mon stage, j’étais surtout en support sur les missions d’urbanisme d’Eloïse et j’aidais ponctuellement sur des missions en architecture. Ce qui a vraiment marqué la transition a été le suivi des dossiers de A à Z. J’ai pu intégrer des missions dès leur démarrage afin de créer de la cohérence dans le suivi et de mieux comprendre la liaison entre les différentes étapes d’un projet.

Un mois après le démarrage de mon contrat, nous avons débuté ma première mission complète avec Eloïse, c’est-à-dire le suivi d’un projet de l’esquisse à la livraison de chantier. C’était une preuve de confiance. C’est ce qui m’a permis de progresser rapidement dans mon parcours.

Quels sont les projets qui t’ont le plus marqué ?

C’est justement cette première mission complète. J’étais accompagnée d’Eloïse, le projet consistait en la rénovation et la création d’une extension pour une maison individuelle. Ce n’était pas un projet spécialement complexe, mais quand c’est votre première fois, chaque étape est une découverte, en particulier la gestion de chantier.

Au cours de nos études, nous sommes formés à la conception, mais le suivi de chantier, on ne peut l’apprendre que par la pratique. Il faut retenir les termes techniques, comprendre l’enchaînement des actions, coordonner les interventions, apprendre à se positionner vis-à-vis des clients, des entreprises, etc.

C’est un exercice qui m’a tout de suite plu. De ce fait, j’ai tendance à avoir plutôt été marquée par les chantiers jusqu’à présent.

Je pense que, dans le fond, ce sont surtout les clients qui nous marquent, bien au-delà du dessin ou du projet mené.

Tu as un BTS Design d’Espace complété par des études d’architecture. Comment ces deux domaines s’articulent-ils dans ton travail actuel ?

Je dois reconnaître avoir un peu perdu de vue les notions acquises pendant mon BTS Design d’Espace. Au cours de mon BTS, j’avais abordé trois grandes thématiques : le paysagisme, la scénographie et l’architecture d’intérieur. J’ai renoué chez Hello avec des notions d’ambiances, de matières et d’agencements.

Ce que je retiens surtout de mon BTS c’est qu’il m’a permis d’avoir plus de recul et d’appréhender mes études plus sereinement. 

Éloïse dit que tu excelles particulièrement dans la gestion des chantiers. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans cet aspect du métier ? Quels sont, selon toi, les défis majeurs lorsque l’on intervient sur des chantiers ?

J’aime l’aspect « instantané » du chantier, on est dans l’action, on voit les choses se construire et les idées prendre vie. Je m’étais intéressée aux thèmes de la matérialité et de la mise en œuvre pendant mes dernières années d’études, ça s’est vraiment concrétisé en découvrant la gestion de chantier.

J’aime aussi beaucoup la relation avec les entreprises, être sur le terrain, échanger les idées et trouver des solutions ensemble. C’est peut-être ça le vrai challenge en chantier : savoir rebondir face aux problématiques de chantier, mais aussi face aux équipes avec lesquelles on travaille et face aux clients. Il faut être patient tout en étant réactif.

Je trouve le suivi de chantier extrêmement formateur, car cela permet d’améliorer le dessin en conception, de mieux anticiper et d’avoir une maîtrise beaucoup plus complète du projet.

Ton relationnel avec les clients et les ouvriers est souvent mis en avant. Comment arrives-tu à créer cette confiance ?

J’essaye d’être la plus honnête possible, que ce soit dans mon discours ou dans mon attitude et je crois (j’espère) que cela se ressent. Peut-être aussi que la confiance se crée par le fait que j’aime le chantier et que j’ai envie de comprendre comment les choses fonctionnent. C’est souvent en posant des questions qu’on résout des problèmes. On travaille aussi avec de super partenaires sur qui on peut compter, il y a forcément une réciprocité qui se crée.

Quels sont, selon toi, les atouts qui font la force de l’agence aujourd’hui ?

La bienveillance est clairement un pilier au sein de l’agence. Claire et Eloïse ont réussi à créer un environnement vertueux : une équipe soudée, un cadre de travail serein qui permet de fournir un travail de qualité.

La structure de l’agence et l’organisation interne permettent une communication très fluide, que ce soit entre nous, avec les entreprises ou avec les clients. C’est le bon sens qui prime et ça permet de créer de la cohérence à la fois dans le fonctionnement de l’agence, mais aussi dans le dessin et le suivi des projets.

Qu’est-ce qui te motive au quotidien dans ton travail ici ?

J’aime l’idée que je vais découvrir quelque chose de nouveau tous les jours. Chaque projet est unique, c’est l’un des slogans totem de l’agence, c’est à la fois toute la complexité et la richesse de notre métier. À chaque client, à chaque dessin, à chaque chantier, j’en apprends un peu plus, cela vous rend plus gourmand. 

Comment te décrirais-tu en quelques mots ?

Je pense pouvoir me décrire comme une personne simple. J’ai toujours été très sérieuse, je pense que ça fait partie intégrante de mon caractère et que c’est ce que les gens retiennent principalement de moi.

Il faut retirer quelques couches avant de découvrir que je peux être drôle, bon public, particulièrement bavarde et que j’aime danser.

Au-delà de tout cela, j’essaye d’être une personne accessible et ouverte d’esprit.

J’adore mon métier, mais je ne veux pas que cela me définisse entièrement et je ne veux surtout pas tomber dans le cliché de l’architecte arrogante.

Comment occupes-tu ton temps libre en dehors de l’agence ?

Je forme une équipe très soudée avec mon conjoint. La plupart du temps, vous nous trouverez ensemble : on bricole à la maison, on passe du temps avec nos familles. On marche presque tous les jours avec notre chienne et j’essaye d’aller courir régulièrement avec elle.

Je suis un cours de hip-hop depuis deux ans, je ne suis clairement pas encore prête à faire des démonstrations mais j’aime bien l’énergie et la musique.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune architecte qui souhaite suivre un parcours similaire au tien ?

Mon parcours a été très instinctif. J’ai toujours fait confiance à mon instinct et ça m’a guidé naturellement vers des lieux où je me sentais bien et où j’ai pu pleinement m’épanouir.

J’ai eu la chance d’être très bien soutenue par mon entourage durant tout mon parcours universitaire. Je pense qu’il faut pouvoir s’entourer des bonnes personnes, ne surtout pas s’enfermer sur son univers d’architecte mais tester, apprendre, rester ouvert et échanger avec tous les interlocuteurs qui se présentent à soi.

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