Interview de Claire, co-fondatrice d’Hello Architecture et Urbanisme

3 Déc. 2024

Après l’interview d’Eloïse, coup de projecteur sur sa partenaire co-fondatrice : Claire. Elle vous dit tout sur son parcours, son quotidien et se livre en toute transparence et honnêteté. 

Le métier d’architecte est-ce une vocation ?

Je ne dirais pas une vocation. N’ayant aucun architecte dans mon entourage proche, ce n’était pas un métier que je connaissais, mais finalement si je me replonge dans mes souvenirs d’enfance il y avait déjà des signes : j’adorais dessiner les plans des maisons que je voyais dans les magazines, je passais mon temps à construire et améliorer ma cabane dans notre jardin ou bien à créer des maisons pour mes Playmobil, plutôt que d’y jouer. De loin ou de près, j’ai toujours aimé l’univers de la construction et plus particulièrement celui des maisons ! 

Que retenez-vous de vos années d’études ?

J’ai adoré cette période. Chaque semestre était rythmé par un atelier autour d’un site, d’une problématique, encadré par un prof ou deux. On vivait à l’école dans cet atelier avec nos binômes ou copains… C’était des années intenses, car sincèrement nous travaillions jusqu’à épuisement : les fameuses charrettes ! Cependant, l’ambiance était géniale. Nous étions très soudés entre étudiants. J’en ai des souvenirs mémorables.

Après votre diplôme, vous avez travaillé 10 ans en agence, que retenez-vous de cette longue expérience ?

Jeune diplômée, j’ai fait mes premières armes dans cette agence. Nous étions plusieurs jeunes architectes arrivés en même temps, rapidement nous avons formé une excellente équipe d’amis. C’est là que j’ai rencontré Eloïse.

J’ai eu la chance durant ses 10 années d’avoir des projets emblématiques à gérer comme l’Hôtel du Louvre Lens ou Les Grands Moulins de Paris. Je suis très reconnaissante de la confiance que l’on m’a donnée malgré mon jeune âge. J’ai adoré l’émulsion intellectuelle et le dynamisme que peut procurer la gestion de projet. Cette agence m’a vraiment fait grandir, elle m’a appris à mener une équipe mais aussi à me dépasser.

Parlez-nous de votre rencontre avec Eloïse ?

Notre rencontre est vraiment incroyable car nous venions à la base toutes les deux de l’École d’Architecture de Lille, mais nous nous sommes connues à Budapest ! Éloise y était en Erasmus l’année avant moi. J’avais décidé d’y passer quelques jours pour me faire une idée de la ville avant de valider mon année Erasmus à Budapest. Une copine nous a mis en lien et Eloïse m’a dit : « on t’accueille, vient dormir à l’appart ! ». Durant ces deux jours, elle m’a montré la ville. Puis, alors que je m’apprêtais à prendre mon avion de retour, elle m’a appelé paniquée : son grand-père venait de décéder et il fallait qu’elle puisse monter absolument dans le même avion que moi pour rentrer au plus vite. Je vous épargne les détails, mais elle a pu monter dans l’avion en passant devant tout le monde pour s’asseoir à côté de moi dans l’avion, en pleurs … une vraie scène de film ! Notre première rencontre commençait déjà très fort…

Après quelques années sans nous revoir, notre véritable rencontre professionnelle a eu lieu lorsque nous avons été embauchées à un mois d’intervalle dans notre ancienne agence, par un pur hasard. Nous sommes tout de suite devenues amies.

D’où vient votre intérêt pour les projets de réhabilitation de patrimoine ancien ?

Depuis toujours, je suis fascinée par les vieux bâtiments, les villes historiques et les meubles anciens. Au lycée, j’avais l’habitude de temps en temps de profiter de la pause déjeuner pour explorer seule les ruelles de Senlis. À chaque promenade, je découvrais de nouveaux détails qui captivaient mon attention. Avec le recul, cela peut paraître étrange, mais je suis convaincue que ces balades ont nourri ma passion pour les vieilles pierres.

Pouvez-vous nous parler de l’un des projets les plus marquants auxquels vous avez participé durant votre carrière ?

Le projet le plus marquant pour moi a été de mener le projet des Grands Moulins de Paris de Marquette-Lez-Lille, pour la phase de conception. Le bâtiment était totalement à l’abandon. Connu des Lillois, il était le spot de référence pour faire de l’Urbex. À chaque fois que j’allais sur site, j’étais complètement saisie par le bâtiment : ses dimensions magistrales, la végétation qui avait repris ses droits, l’histoire de cette ancienne minoterie… beaucoup d’éléments qui en faisaient un projet unique.

En 2020, vous décidez de rejoindre Eloïse chez Hello Architecture en tant qu’associée, pour quelles raisons ?

J’ai toujours pensé que j’allais faire ma vie professionnelle dans l’agence où j’avais commencé. À la naissance de mon deuxième enfant, je me suis mise à questionner ma façon de travailler, mon impact et mes valeurs. J’avais un vrai besoin de devenir maître de mes décisions, plutôt que de suivre des orientations avec lesquelles je ne me sentais plus alignée… Naturellement, j’en ai parlé à Eloïse qui m’a dit : « mais rejoins-moi, j’attends que ça ! ». Durant tout mon congé maternité : j’ai cogité, j’ai écrit, j’ai réfléchi… et j’ai pris ma décision ! Mon bébé m’accompagnait à tous nos rendez-vous de préparation et m’a donné la force de franchir un cap. Notre association était finalement une évidence, nous avions la même vision, des valeurs identiques tout en étant très complémentaires.

Rapidement après votre arrivée, vous vous retrouvez à gérer le cabinet en solo durant le congé maternité d’Eloïse, quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

C’était un peu angoissant car la première année, même si je ne changeais pas de métier, tout était nouveau pour moi. Mais finalement, c’était une super chance et un très bon timing : ça m’a permis de prendre mes fonctions sans être dans l’ombre d’Eloïse. En plus, c’était en plein Covid, nous avions beaucoup de travail, il fallait aussi gérer la formation de 3 stagiaires à distance… Mais j’en garde un très bon souvenir.

Comment décririez-vous Eloïse en 3 mots ? Et vous-même ?

Éloïse m’impressionne chaque jour. Elle a mille idées à la seconde et est bien plus drôle que moi ! Alors je dirais créative, joyeuse et solaire.

En ce qui me concerne, je dirais que je suis sincère, sociable et dynamique.

Où puisez-vous votre inspiration ? Quelles sont vos références architecturales ? Le courant qui vous correspond le plus ?

Mon inspiration est partout, c’est très bateau comme réponse, mais je ne suis pas attachée à des « maîtres à penser ou courants architecturaux ». En revanche, j’observe tout et tout le temps : les façades au volant de ma voiture, en dînant au resto, en lisant un magazine, en papotant chez des amis… Ce qui m’est indispensable, ce sont les espaces ouverts sur la nature et la lumière naturelle.

En quoi, la métropole lilloise vous inspire-t-elle ?

Je me sens bien à l’échelle de la MEL, notre territoire est dynamique et attractif ! Dans le Nord, tout le monde se connaît… Il n’arrive pas une journée sans qu’on ait pu faire un lien avec quelqu’un de notre entourage. Je trouve que ça fait très « village ». J’aime bien cette facilité d’accès à tous et à tout !

Comment voyez-vous votre métier évoluer dans les années à venir, notamment avec les enjeux environnementaux actuels ?

Je crois qu’il faut revenir à l’essentiel dans la construction, faire les choses avec bon sens. Ne pas hésiter à intégrer des éléments qui peuvent rendre la vie plus simple dans nos maisons ou lieux de travail : récupération des eaux pluviales, profiter des apports intelligents du soleil ou savoir s’en protéger, faciliter la gestion des déchets avec des endroits dimensionnés pour, avoir des zones définies pour le stationnement des vélos.

Répondre aux enjeux environnementaux par des réglementations thermiques, c’est très bien, mais cela fait aussi des usines à gaz techniquement et financièrement sur des projets qui peuvent être simples… parfois, c’est un peu frustrant !

Quels sont vos rapports avec vos clients ?

Ma priorité est d’établir une relation de confiance avec nos clients. Mon objectif est de répondre à leurs besoins en créant un espace de vie qui leur ressemble parfaitement. Nos collaborations s’étendent souvent sur de longues périodes, généralement plus d’un an, et je tiens à ce que cette expérience leur laisse un souvenir positif. Pour nos clients particuliers qui entreprennent souvent de grands travaux, cette période peut être marquante pour leur vie familiale. Il arrive même de ressentir une certaine nostalgie à la fin des travaux, car nous prenons l’habitude de nous voir régulièrement et d’échanger.

Qu’est-ce qui vous fait lever tous les matins ?

En tant que grande gourmande, je dirais « l’appel du petit-déj » 😊

Plus sérieusement, j’aime avoir des journées rythmées où les rencontres et les projets se multiplient… Ma vie de famille mais aussi la vie d’agence me stimulent beaucoup, chaque jour est un jour nouveau !

Que faites-vous de votre temps libre ? 

J’ai des plaisirs assez simples : être entourée de ma famille et de mes amis me suffit. Dès que j’ai un moment de libre, j’en profite pour filer au yoga ou aller marcher.

Mon havre de paix est la montagne, été comme hiver, j’ai besoin de m’y rendre pour me ressourcer et remettre les compteurs à zéro.

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